comprendre Benoit papillon

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Pour tenter de comprendre le génie particulier de Benoit Papillon rien de mieux que de comparer trois fessiers, trois photographies de fesses blanches comme la neige.ils sont aussi beaux les uns que les autres.Chacun des postérieurs est frais, délicat, sans imposture.

Chacun possède des héroïnes antiques la force et la folie.Ici une femme  qui se reflète dans un miroir.

En premier plan, des fesses robustes et des jambes gainées dans des bas résilles.

Là, une autre femme qui se photographie avec son portable. Elle sourit, ses fesses menues sont légèrement voilées par un string blanc,microscopique.

Sur un divan son sourie se replète  à l’objectif. On devine une lourde présence blanche et pleine qui repose sur un lit.

Et Benoit Papillon ?

C’est la démesure, cette fameuse hubris grecque, cette folie, ce génie du déraisonnable, ce qui est inattendu, inédit.

Qui a déjà vu, avant Benoit Papillon, des fesses blanches et soyeuses, légèrement entrouvertes, faisant apparaître un infime anus où vient se loger une tige en étain reliée à un tube en plastique blanc qui se connecte à une mystérieuse boîte en arrière-plan ?

Quelle substance recueille ce boîtier ?

De quelle anatomie intime se déleste la femme aux gants noirs ?

Quel est le nom du personnage qui viendra récupérer les fruits obscurs déposés dans le boîtier ?

Ces beaux fessiers sont des trompe-l’œil : en réalité il n’y a rien derrière le miroir. Aucun imaginaire ne leur est attaché car aucune

question ne surgit de leur spectacle. Chez Benoit Papillon il y a à la fois la densité érotique d’un cul parfaitement photographié et l’énigme insondable qui naît de sa mise en scène.